10 mois sans l’ombre d’un début de grossesse.. Go Gynéco !

Au bout de la 10ème déception, j’ai réussi à convaincre mon chéri d’aller consulter. On y va juste pour se rassurer. On se dit qu’au moins, si tout va bien, ça débloquera peut être quelques chose en nous. Elle nous prescrit un tas d’examens, et me dit de commencer par la radio des trompes. Vous savez la fameuse hystérosalpingographie. Ce nom un peu barbare qui veut simplement dire « radio des trompes ». Elle nous dit que parfois, après cet examen, certaines femmes tombent enceinte. On la croit et on est encore plus enthousiaste.

C’est en avril 2016 que notre premier examen d’infertilité est effectué. Après avoir regardé sur internet en quoi consister cette radio des trompes. Je commence à avoir peur. J’entends dire que certaines ont si mal qu’elles font des malaises. C’est vraiment pas rassurant. Mon chéri décide de m’accompagner. Sa présence m’apaise. Le radiologue me fait monter sur une sorte de grande table haute avec un bras articulé au dessus pour prendre les clichés. Il insère le spéculum. Une petite toilette intime et fait quelques premiers clichés. Puis, il commence à injecter le produit à base d’iode afin de contrôler l’aspect de mon utérus et la perméabilité de mes trompes. C’est un peu douloureux mais rien d’exceptionnel. Il me demande de me tortiller dans différentes positions afin d’avoir différents clichés selon ma position. Tout se passe plutôt bien. Je me rhabille et le médecin m’annonce que tout va bien. Mon utérus est d’aspect normal et mes trompes sont fines et perméables. On est ultra soulagé.

Quelques semaines plus tard, c’est au tour de chéri de passer à l’action. Il doit effectuer son tout premier spermogramme. A vrai dire, il l’a assez mal vécu. Il s’est mis une pression de dingue. La peur d’être stérile le terrorise. On va dire qu’il n’a pas une hygiène de vie au top. Il fume depuis qu’il a 16 ans. Il travaille dans la poussière d’une aciérie et dans la chaleur. On s’est un peu laisser aller niveau poids combiné à une activité physique presque inexistante mise à part lors des travaux de rénovation de notre maison. On est plutôt bon vivant niveau bouffe et alcool. Et finalement, les résultats sont là. Tout va bien. Ses petits soldats vont très bien. C’est un véritable soulagement.

Premiers mois d’essais, premières prises de têtes ! J’ai des actions chez Clearblue.

Les premiers mois sans contraception sont vraiment les meilleurs. Le problème, c’est que plus le temps passe et plus cette insouciance disparait. Quand j’ai fait le choix de mettre un stérilet en cuivre, c’est notamment parce qu’aucun déséquilibre hormonal ne serait provoqué lors de son retrait. Ma gynéco de l’époque m’avait même dit que ce serait plus facile de tomber enceinte qu’après l’arrêt de la pilule. Euh..sans blague ?! Il faut avouer qu’à ce moment là, je pensais tomber enceinte dans les 3 mois après son retrait. La moyenne est entre 6 mois à 1 an. Et puis merde, ma mère a tellement eu de misères pour m’avoir, que c’est impossible que ça se répète. Pour nous, ça marchera du premier coup.

Pour mettre toutes les chances de notre côté, je commence à me renseigner sur comment mon corps fonctionne. C’est vrai qu’après 10 ans de contraception, avec aucune envie d’avoir un bébé, on oublie un peu comment ça se passe là dedans. Après trois cycles, je commence à suivre mon ovulation avec les courbes de températures. Mais c’était juste pour vérifier que tout allait bien ! Et puis, j’achète des tests d’ovulation. Vous savez, ces fameux tests qui détectent le pic de LH qui se produit la veille de l’ovulation. C’est hyper pratique! Deux belles barres, et une nuit de folie en perspective. Au début, tout ça, ça reste gentillet. Sauf que quand les règles sont là, c’est comme un coup de poignard. On se dit merde, y’a quelque chose qui cloche ou quoi ? On se sent désemparée.

Au bout de plusieurs mois, les premières prises de têtes apparaissent. J’y pense de plus en plus. Je commence à avoir un petit pincement au coeur lorsque l’on m’annonce une grossesse. L’envie est de plus en plus forte. Mon chéri, me répète en boucle que ça viendra quand ça viendra. Il ne souffre pas comme moi. Nos rapports sont de plus en plus calculés en fonction de mon cycle. Le piège se referme, et je me renferme sur moi. Le pire c’est le moment ou tu commences à cacher à ton homme, que tu as fait un test. Que ce soit au moment de ton ovulation, pour ne pas le « bloquer » dans nos rapports et ne pas lui mettre trop de pression. Ou bien à la fin du cycle, quand tu y crois très fort car tu as plein de symptômes et que pour lui faire une surprise, tu fais un tas de tests en cachette, espérant que deux belles barres s’affichent et qu’il soit l’homme le plus heureux de l’univers. Mais c’est toujours négatif. Ça devient un cercle vicieux, qui se répète, mois après mois, cycles après cycles. Le jour des règles, c’est la déprime totale. Mais paradoxalement, c’est aussi, le premier jour d’un nouveau cycle et d’un nouvel espoir de le finir avec un joli test de grossesse positif. Au bout de 15 jours, tu commences à faire tout un tas de tests d’ovulation. Tu espères qu’ils foncent de jour en jour jusqu’aux deux belles barres foncées. Et ce jour là, c’est la partie de jambes en l’air à ne pas rater. Sauf que parfois, tu la rates pour cause de fatigue. Et tu t’en veux terriblement. Et puis tu te dis que vous avez fait l’amour trois jours avant, et que vu la durée de vie d’un spermatozoïde, ça peut le faire. Une semaine plus tard, tu as plein de symptômes bizarroïdes et tu te dis que ça a marché. Sauf que tu fais un test, deux tests, trois tests. Tu commences même à voir des barres imaginaires, alors tu continues jusqu’à ce que tes règles arrivent. Et ça continue encore et encore.

Goodbye Mister Stérilet !

On est en avril 2016, et je viens d’apprendre que je n’ai pas la maladie génétique de mes cousins : le syndrome de Steinert. Une maladie, qui m’aurait diriger directement vers les FIV DPI. On s’y était préparé. C’est un soulagement. Le mois suivant, j’ai rendez-vous chez une gynéco de l’hôpital de ma ville pour retirer mon stérilet.

Pourquoi un stérilet ?

J’avais 20 ans et une relation stable. Je ne supportais plus la pilule, même micro dosée. J’avais pris du poids et beaucoup de migraines. Ma gynéco m’a proposé de mettre un stérilet en cuivre. Il s’agit d’un stérilet sans hormone tout petit. Il est spécialement conçu pour les femmes n’ayant jamais eu d’enfants. Fini la pilule tous les jours, c’était génial !

Le jour J est arrivé. Je m’assois sur la table. Elle insère le spéculum. Elle prend une pince et l’insère près de mon col pour retirer mon stérilet. Elle insiste. Rien n’y fait, j’ai hyper mal. Mon col se contracte. Elle n’arrive pas à l’enlever. Signe du destin, qui aurait pu nous faire comprendre qu’on allait galérer dans les mois à venir..
Elle me parle d’une future intervention sous anesthésie. C’est hors de question !

Trois semaines plus tard, j’ai rendez chez un gynéco d’un cabinet privé de ma ville. Un homme expérimenté, et en ni une ni deux, Goodbye Mister Stérilet !

Dans l’euphorie de FIV n°1.

Les vilaines sont là. Hipipip Houra! On est hyper impatient de commencer cette première tentative. On y croit plus que tout. On se projette déjà dans une future grossesse. On parle des prénoms, de l’éducation, de l’aménagement de notre maison pour l’accueillir, etc. On attend ça depuis plus de 2 ans. On est euphorique. Hyper confiant, peut être même trop confiant!

° Première stimulation ovarienne : une partie de plaisir ?

Les premières piqûres dans le parcours de la PMA, ne m’ont pas tellement impressionnées. Gonal F, un stylo hyper bien foutu, très simple d’utilisation et une aiguille très très fine, presque indolore. On décide, en commun accord, et surtout car je flippe de me piquer moi même, que mon chéri fera office d’infirmier. Il travaille dans la sidérurgie alors tout ça, c’est pas trop son truc. Après quelques hésitations, il s’en sort comme un chef. Il faut de l’entrainement, et il va en avoir !
Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’on ajoute le vilain Orgalutran. Alors celui là, il est vraiment méchant. Une aiguille plus grande et épaisse. Il faut faire attention aux bulles dans le produit. Il faut injecter doucement et sans trembler. Et surtout, la sensation après l’injection est vraiment désagréable. Ça brule, ça pique, ça gonfle et ça devient tout rouge. C’est pas glam du tout!
Au bout de 6 jours de stimulation, je commence à ressentir de la fatigue et surtout que mes ovaires se transforment en une usine de production intensive d’ovocytes. Je réagis très bien au traitement. Au bout de 9 jours de stim, on déclenche l’ovulation avec la fameuse piqûre d’Ovitrelle. C’est LA piqûre de la délivrance, celle qu’on attend avec impatience.

° Ponction d’ovocytes sous AL ou la pire douleur de toute ma vie. OMG!

Jour 11 : on arrive à la clinique très tôt. C’est le jour J, celui de la délivrance. Le bas du ventre tire. Les ovaires sont douloureuses, et elles pèsent une tonne! J’ai demandé une anesthésie générale par peur de souffrir, et pour cause! Je suis le cauchemar des infirmières. J’ai des veines très fines, profondes et qui roulent. La totale!
La première infirmière que l’on voit, essaie de me piquer pour me mettre le cathéter pour l’AG. Elle pique, une fois, deux fois. Sans succès. On m’envoie au bloc. L’anesthésiste va s’occuper de mon cas. Il pique, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, etc. Il me retourne les bras dans tout les sens. Il serre le garrot comme un malade. Il trifouille sous ma peau avec l’aiguille pour essayer de choper la fameuse veine fine profonde et rouleuse. Je pleure toutes les larmes de mon corps, en silence. Les infirmières ont pitié de moi. L’anesthésiste, dépité de la situation, s’en va comme un voleur. Sans dire un mot, un peu honteux.
Le médecin qui doit me faire la ponction arrive et me rassure. J’aurai une anesthésie locale, c’est indolore, tout va bien se passer! Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu! Après une petite toilette intime de mon col de l’utérus hyper agréable, il injecte le produit anesthésiant au fond de mon vagin. J’ai rien senti ouf! Il prend sa sonde avec la grosse aiguille pour ponctionner mes follicules. Et là, c’est le drame! La voilà, la pire douleur de toute ma vie. Au moment où il perce mon ovaire gauche pour aspirer les follicules. Une douleur vive et intense. Je sursaute de la table par réflexe et endommage quelques ovocytes au passage. Je souffle, je pleure. J’inspire, expire comme si j’étais entrain d’accoucher. Je sens les follicules être aspirer au fur et à mesure. Après avoir rempli 2 seringues, il a enfin fini. On doit faire la même chose à l’ovaire droit. Je flippe ma race! Je souffle, me concentre et il perce mon ovaire. Cette fois, la douleur est moins importante ouf! Il aspire vingt follicules en tout. Je ne pensais pas en avoir autant. Mon homme les attend sagement dans le couloir. Il s’inquiète car niveau timing, on est grave en retard. C’est samedi, et leur organisation est un peu différente de la semaine. Il a déjà fait son recueil et ses petits soldats sont dans les starting block au labo. Mais avec le sketch de l’anesthésiste, la ponction a durée presque 1 heure en tout. Le retour en chambre fut brutal. La douleur dans le bas du ventre est intense. 20 follicules ont été ponctionnés mais seulement 10 ovocytes récoltés (2 sont lysés donc inexploitables). Sur ces 8 ovocytes, 7 sont matures et fécondables. A ce moment là, je prie fort ne plus devoir passer par là, et que cette ponction soit bien la première et la dernière!

° Résultats : c’est la cata !

Deux jours après la ponction, je revis. Tout va mieux, plus de douleurs. Mon ventre est redevenu normal. L’optimisme et l’enthousiasme sont là. On apprend à ce moment là, que 4 petits embryons se développent au labo. Seulement, ils sont de qualités moyennes mais la biologiste n’est pas inquiète. Ils décident d’attendre J5 et le stade de blastocyste pour sélectionner le meilleur d’entre eux. On se dit, ça va le faire, un peu naïvement. Sauf que, le téléphone sonne, ce fameux J5 post ponction, et que ce n’est pas le numéro du secrétariat mais celui du laboratoire. La biologiste nous annonce que deux blastocystes se sont formés mais qu’ils sont vraiment de mauvaises qualités et qu’ils préfèrent ne pas nous les transférer. Je négocie, mais rien y fait. Ils n’ont pas de réelles explications. Peut être le traitement ne me va pas. Ne vous inquiétez pas, ça arrive souvent! C’est comme si, tout nos espoirs s’écroulaient d’un coup. On est sans mots. Je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer. Ma gynéco m’appelle et nous rassure. Elle va changer mon traitement et on peut recommencer après un cycle de repos. On est soulagés. Jours après jours, on digère la nouvelle et la perspective de recommencer rapidement nous aide. On ne lâchera pas. La prochaine fois, ce sera la bonne!