Qui suis-je ?

Je m’appelle Laura, et j’ai la chance d’exister grâce à la procréation médicalement assistée (PMA). J’ai 28 ans pourtant. Et oui, je fais partie de la toute première génération de bébé « Made in Eprouvette » (le premier bébé éprouvette a eu 40 ans en 2018).

Fille unique de parents plus tout jeune pour l’époque (36 ans pour ma mère et 43 ans pour mon père). Ils ont réussit leur combat au bout de leur 2ème FIV. À l’époque, pas de prises de têtes. On te stimule, et on te transfère tous les embryons obtenus à J2 (qu’ils soient beaux ou moches. On s’en tape!). On était 4 petits, déposés délicatement dans l’utérus de ma mère. Et je suis la seule à avoir survécu à toutes ces péripéties. Je dit souvent que je les ai mangé pour survivre. J’avais déjà une âme de ‘Survivor’ même à l’état cellulaire. Ou c’est peut être eux qui se sont sacrifiés et qui ont choisit de m’aider à me développer. On ne le saura jamais! Ça fait partie des mystères de la Vie. Pourquoi moi et pas un autre ? Pourquoi à ce moment là ? Pourquoi je n’ai pas eu de jumeaux ?

Pour être honnête avec vous, j’ai longtemps porté haut et fort cette particularité. Ça me rendait encore plus unique. Je peux le dire, je suis fière d’être un bébé éprouvette de 1990. Fière d’avoir eu des parents qui se sont battus, qui ont souffert pour m’avoir. Je suis un bébé de l’Amour et je remercie La Science de m’avoir donné la chance de pouvoir exister. Je l’ai réalisé d’autant plus, depuis que je suis dans un parcours PMA/FIV.

C’est dans les gènes ou quoi ? C’est ce que pas mal de personnes ont pu penser quand je leur ai annoncé que j’allais devoir faire une FIV pour avoir un bébé. Bien sûr que non! Ma maman est passée par la FIV car elle avait déjà 35 ans quand elle a décidé d’avoir un enfant avec mon père. Ils se sont rencontrés tard et on eu tout les deux, une vie bien remplie avant moi. Mon père était déjà Papa depuis plus de 10 ans. Ma mère, quant à elle, a toujours eu des cycles très longs et très irréguliers. Elle a été opéré d’un vilain kyste très douloureux à l’âge de 30 ans, et elle s’est aperçue quelques années plus tard, lors des examens d’infertilité, qu’elle avait une trompe en moins (certainement une erreur médicale lors de son opération) et une trompe presque bouchée. A 35 ans, avec des cycles très irréguliers voir anovulatoires, une trompe en moins et l’autre pratiquement bouchée, vous imaginez les difficultés pour pouvoir avoir un enfant. Après deux inséminations, la FIV lui a permis de m’avoir et quel cadeau!

Un pressentiment ? Oui, peut être ! Ma mère m’a toujours dit la vérité concernant ma conception. Fière d’être un bébé éprouvette, je ne m’étais pas vraiment préparer à prendre cette voie pour avoir mon enfant. En faite, tout ça ne m’a jamais vraiment effrayé. C’est comme si, c’était « naturel » pour moi de passer par là. Bien sûr, j’aurai préféré pouvoir avoir un enfant naturellement. La PMA est un combat de tous les jours. C’est une épreuve pour un couple. Je m’en veux parfois de faire subir ça à mon chéri. Mais on ne choisit pas de passer par là, on le subit. Il veut un enfant avec moi et est prêt à tout accepter. C’est beau l’amour! Je ne sais pas encore si la PMA va nous permettre d’avoir notre bébé miracle, mais en tout cas, on y croit très fort. Je suis la preuve vivante que ça fonctionne!

La désir de maternité, je l’ai depuis très longtemps. J’ai toujours voulu des enfants. Plus le temps passe, plus ce désir augmente. Leur innocence me fascine. J’adore voir un enfant s’émerveiller pour un rien. J’ai toujours imaginer avoir une relation particulière avec les enfants. Dans la rue, les magasins, ou lors des réunions de famille, j’ai souvent eu l’impression d’attirer leur regard et de rentrer en véritable interaction. Comme si j’arrivais à les comprendre et à communiquer avec un regard ou un geste. On devrait garder notre âme d’enfant, le plus longtemps possible. C’est si merveilleux!